Isabelle dans ce livre évoque les différentes émotions que les enfants peuvent traverser et donnent de précieux conseils sur la parentalité positive. Transmettre aux enfants suffisamment de confiance, de sécurité intérieure et d’autonomie est un échange quotidien très riche entre le parent et l’enfant. Les émotions des enfants ont toutes un sens, une intention guérissante. Les accueillir est la première démarche que chaque parent peut faire de mieux pour lui. L’expression des émotions est perçue comme négative auprès des autres. Il faut taire ses émotions au risque de raviver la douleur de l’autre qui ne peut les accueillir ! Ne pas répondre aux émotions entraîne un enfant dans un processus défensif. Il est primordial pour chaque parent d’apprendre à nommer et comprendre les émotions pour le bonheur des enfants et des adultes qu’ils deviendront. Ainsi ils transmettront à leur tour ce qu’ils ont auront reçu d’exceptionnel, la gestion des émotions !
Il faut pour cela guérir sa propre histoire personnelle en tant que parent afin d’entendre celle de son enfant. Le fait d’exprimer ses propres émotions et besoins auprès de son enfant permet à son enfant aussi de le faire plus sereinement. Aider un enfant à grandir c’est grandir soi même. Nos enfants sont d’excellents guides, que l’on peut écouter avec sagesse. Un bébé exprimera ses émotions par ses cris qu’il faut écouter et décrypter attentivement. Pleurer, crier, trembler sont ses seules façons de libérer ses tensions et exprimer sa souffrance. L’accompagner dans sa décharge de pleurs en étant juste présent, confiant, lui apportera un bien être sur le long terme. Le bébé, en pleurant, ne les garde pas dans son corps et tant mieux ! Certains bébés font aussi tout l’inverse et dorment pour ne pas pleurer. C’est une réaction de défense contre le stress. Ils s’absentent, presque anesthésiés par le chagrin. Quand le bébé deviendra un peu plus grand, se mettre à sa hauteur et le regarder droit dans les yeux avec amour lui apportera une merveilleuse dose de bienveillance et de confiance pour l’avenir plutôt que le juger ou le punir. Reconnaître leurs besoins et affirmer les nôtres est la base d’une belle relation parent-enfant. Si le parent refoule ses émotions, il peut les projeter sur ses enfants qui ne sont en aucun cas concernés par la souffrance de son parent. Certains parents les fuient car ils redoutent le contact avec leur »enfant intérieur ». Guérir ses blessures anciennes libèrent nos enfants d’une charge qu’ils n’ont pas à porter. La répétition des comportements abusifs des parents envers les enfants a pour but d’enfermer la douleur plus loin, et même la nier ! Une vengeance peut s’exercer sur une personne de substitution, en l’occurrence l’enfant, une personne vulnérable. C’est souvent le cas des enfants maltraités ou victimes d’inceste. Il vaut mieux affronter le nœud et donner à l’enfant ce que l’on a pas reçu. Travailler le petit enfant intérieur que nous étions est une magnifique étape en tant que parent qui est un très beau cadeau à offrir à son enfant.
Le parent adulte, est doté d’un cerveau capable d’inhiber une réaction automatique alors qu’un enfant n’est pas capable. Le déni, la non prise en compte des émotions a un effet « cocotte minute » sur l’enfant. L’enfant, non entendu, peut croire que les émotions ressentis menacent sa relation avec les parents et donc se privent de ses ressentis. Ce qui a un effet catastrophique à long terme. Lorsque que l’on accueille les émotions d’un enfant, il est important de bien l’accompagner dans ce moment fort et seulement après on peut commencer un dialogue avec l’enfant et donner des explications .

Isabelle y aborde précisément les différentes émotions dont la peur. Une peur non entendue peut être focalisée sur un objet et devenir obsessionnelle, qualifiée de phobie. La peur a une raison d’être. C’est une émotion saine qui doit être entendue et respectée. Ne pas ressentir de peur est dangereux ! La peur est contagieuse, nos enfants observent beaucoup nos comportements. L’effet miroir est encore cette fois présent ! Parler de ses propres peurs à son enfant l’aide à vaincre sa propre peur. Isabelle insiste sur le fait de ne pas surprotéger l’enfant. A force d’éviter toute blessure, on peut altérer le sentiment de capacité de l’enfant et cette blessure est bien plus grande que les autres. Soulager un enfant peureux d’une crainte qui ne lui appartient pas mais qui appartient à un parent exige au parent de parler de ses propres émotions, ses propres craintes.

Ensuite, Isabelle parle de la colère, une réaction saine permettant d’accepter la frustration. Le processus d’acceptation passe par la colère. Un enfant contrairement à ce que l’on croit n’a pas toujours besoin que l’on comble son besoin. Il souhaite que son besoin soit entendu et reconnu avant tout . Cette expression de colère est nécessaire pour exprimer sa puissance, s’affirmer, se faire respecter ; La colère vise à rétablir le lien qu’il faut conserver en restant attentif et présent. L’ego du parent dans cette gestion de colère est primordiale. Si le parent le ressent comme une compétition avec son enfant (« ce n’est pas toi qui commande »), l’enfant refoule sa colère et peut devenir ensuite violent. C’est l’ultime tentative pour faire entendre un message qui n’a pas été entendu par la colère. Le rôle du parent est de bien cerner le besoin de l’enfant se cachant derrière cette colère et d’y répondre le plus justement avec ses limites. Un beau message « ta colère n’est pas dangereuse. Tu vois, elle ne fait pas mal, je continue d’être là et t’aimer ». Serrer ensuite l’enfant fort dans ses bras lui donne toute cette sécurité qui l’attends. Une colère écouté dure normalement quelques minutes. Comme dans La Parole au bébé, l’écouter sans jugement s’exprimer. La mise à distance, la punition ne fait qu’exacerber la colère d’un enfant !

Isabelle aborde l’émotion de la joie, beaucoup plus positive! L’amour et la joie sont le terreau de croissance d’un individu. Un parent joyeux transmets sa joie à un enfant car elle est contagieuse ! Rire, crier, se sentir libre d’exister!

Vient ensuite la tristesse qui doit être pleurée au risque d’être bloquer de nombreuses années;
La dépression ou quand l’énergie vitale est enfermée. Plus la colère s’ex-prime, plus la dé-prime s’allège.

Isabelle enfin conclue en insistant sur le fait de mieux maîtriser la grammaire émotionnelle pour le bien tous, pour soi et les autres. C’est toujours dur d’entendre quelqu’un hurler, souffrir mais taire la douleur est pire. La traverser par des larmes, des mots, des réconforts physiques prends ici toute sa valeur, sa richesse d’amour. Des émotions enfouies très jeunes reviennent toujours soit par des symptômes physiques, des évènements dramatiques à l’âge adulte. Isabelle parle de ces fameuses étapes de séparation (crèche, déplacements professionnels). Construire un pont entre le moment du départ et celui du retour est primordiale. En préparant ensemble, on se sent proche! Lui dire la vérité, ses propres sentiments l’aide à extérioriser ses émotions. Elle conseille d‘éviter de se séparer plus de vingt quatre heures avec un enfant de moins de deux ans. Ne jamais partir sans dire au revoir et accompagner les pleurs de la séparation aide l’enfant.
Tout ce qui n’a pas été résolu par les parents, les enfants y font face d’une manière ou d’une autre.

Lecture de « Au cœur des émotions de l’enfant » de Isabelle Filiozat

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